BP depenses militaires

Les dépenses militaires en hausse dans le monde

  • La hausse des dépenses militaires mondiales a explosé : +3,6 % entre 2018 et 2019 et +7,2 % entre 2010 et 2019. En 2019, elles ont représentées 1 917 milliards de dollars (soit 1 782 milliards d’euros ; le plus haut niveau de dépenses militaires dans le monde depuis 1988.
  • Les chiffres présentés dans cette note sont largement en deçà de la réalité. En effet, les subventions publiques accordées aux industriels de l’armement ne sont pas prises en compte, comme pour la recherche publique et l’enseignement sponsorisés par le complexe militaro-industrielle (à Polytechnique, la recherche est soutenue par le CEA ou l’IRSEM).

En Europe – Le Fonds Européen de la Défense (FED)

  • Le Fonds Européen de la Défense a été mis en place pour stimuler la recherche et l’innovation dans l’industrie de la défense pour les membres de l’UE. 
  • Supposé être doté de 13 milliards d’euros sur la période 2021-2027, le montant actuel du FED est de 9 milliards ; un montant considéré trop faible pour la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
  • Le 16 juin 2020, 19 projets paneuropéens (industriels et technologiques) ont été sélectionnés, pour un montant de 205 millions d’euros. Ce sont 500 millions d’euros qui vont être attribués au total pour la période 2019-2020.

Le montant de ces dépenses en France

  • En 2020, le budget du Ministère des Armées français s’élèvait à 37,5 milliards d’euros.
  • La France a augmenté ses dépenses militaires de 1,6 % entre 2018 et 2019 et de 3,5 % entre 2010 et 2019.
  • La France se classe 6e (en 2019) dans le classement global des pays avec les dépenses militaires les plus importantes (d’après SIPRI qui inclut les dépenses dans le cadre des armées ainsi que celles de la gendarmerie nationale). Ces dépenses françaises ont représenté 2,6 % des dépenses militaires mondiales (2019). On note 3,9 % d’augmentation pour l’Europe de l’Ouest entre 2018 et 2019, région du monde sans conflit armé inter-étatique depuis 1945.

Le coût des opérations extérieures:

  • Les provisions budgétaires pour les opérations militaires à l’étranger (OPEX) étaient de 450 millions d’euros en 2017, 650 millions d’euros en 2018, 850 millions en 2019 et 1,1 milliard en 2020.
  • Ces provisions budgétaires étaient souvent sous-estimées volontairement ; leur coût réel se situe entre 1 et 1,2 milliards d’euros par an. Une manière pour les armées de faire des économies sur leur budget puisque c’était au gouvernement de compléter le budget des armées et de l’alléger en puisant dans le budget interministériel : ainsi, la dépense est étalée sur plusieurs ministères. C’est seulement depuis l’année 2020 que le budget pour les OPEX a été évalué à 1,1 milliard.
  • Le coût de la guerre en Afghanistan revient à environ 3,5 milliards d’euros entre 2001 et 2014. 
  • Selon Gérard Languet, ancien ministre de la défense, l’intervention militaire en Libye aurait coûtée environ 300 millions d’euros en 240 jours ce qui correspond à 1 million d’euros par jour. En Libye, une centaine de millions d’euros de munitions aurait été utilisées.
  • Lors de l’opération Serval, la France aurait dépensé 647 millions d’euros entre janvier 2013 et août 2014, soit 1 million d’euros par jour.

"La hausse des dépenses militaires signifie la hausse de la violence. Pour construire la paix et un monde moins violent, cela requiert de baisser ces dépenses militaires et de privilégier la coopération internationale."

Le coût des armes

  • La France a prévu de se doter d’un nouveau porte-avion en prévision de la fin de service du Charles-de-Gaulle prévue pour 2040. Ce projet au coût pharamineux, estimé au bas mot à 5 milliards d’euros, est au cœur de l’actualité militaire car Emmanuel Macron a choisi l'option avec propulsion nucléaire en Octobre 2020. Après que le secteur ait évoqué l’avantage économique du lancement d’un deuxième porte-avion, donnant l’impression d’une vulgaire incitation à la consommation comme au supermarché où un produit acheté revient au deuxième offert, la ministre des Armées Florence Parly ainsi que le Sénat s'étaient prononcés en avril 2020 en faveur d’une propulsion nucléaire, option qui fait monter la facture à 7 milliards d'euros, au minimum.
  • Au même moment, le gouvernement français déplore une récession annoncée de 11 % du PIB après la crise épidémique en incitant les français à investir dans l’économie nationale. 
  • Ce choix cornélien pour le futur porte-avion ne fait l’objet d’aucun débat publique sur les coûts ou la pertinence d’une propulsion nucléaire pour la sécurité de tous et toutes.
  • Les États-Unis ont annoncé le 8 juillet 2020, vendre trois Hawkeye E-2D pour 1,7 milliard d’euros à la France : livrés en 2027 et intégrés dans les budgets annuels de l’armée d’ici là.
  • Tandis que 1,7 milliard d’euros sont déployés pour de nouveaux avions et 7 milliards d'euros minimum pour un porte-avion : depuis le 1er mars 2020, 193 plans sociaux ont été lancés en France, menaçant 27 053 emplois.

Les dépenses militaires, la santé et l’éducation

En France

  • Le budget 2020 du Ministère des Armées représente le plus grand budget ministériel.
  • Pourtant, 2020 est une année difficile pour le budget puisque le gouvernement souhaitait réduire le déficit public dans le contexte tendu des manifestations ‘Gilets Jaunes’. Le budget de la Sécurité sociale a davantage souffert tandis que le budget des Armées est en hausse pour la 3e année consécutive.
  • En mars et avril 2020, au pic de l’épidémie de COVID-19, la France peinait à trouver des masques pour ses soignants et ses citoyens et semblait incapable d’en produire sur son territoire. A la sortie de l’épidémie, le ministre de l’économie Bruno Le Maire a annoncé que le gouvernement débloquait un plan de soutien à l’aéronautique de 15 milliards d’euros alors que le plan de soutien à la santé annoncé après le Ségur de la Santé est de 8,2 milliards d’euros.
  • A la sortie de l’épidémie, le Ministre de l’Economie Bruno Le Maire annonçait que le gouvernement débloquait un plan de soutien à l’aéronautique de 15 milliards d’euros alors que les soignants se sont vus offrir des primes entre 500 et 1500 euros (primes auxquelles ils ne sont pas tous éligibles). Pourtant, au 6 juillet 2020, on comptait 29 900 personnes décédées du COVID-19 France.
  • Le budget de l’éducation nationale avait également était augmenté d’un milliard entre 2018 et 2019. Cependant, cela comprenait le Service National Universel (SNU), alors qu’il s’agit d’un ersatz de service militaire conceptualisé par le gouvernement d’Emmanuel Macron.

Dans le monde

  • La priorité du domaine militaire sur la santé n’est pas une spécificité française. En effet, une journée de dépense militaire dans le monde correspond au budget annuel de l’OMS.
  • L’Inde, pays acheteur d’armes de France, a dépensé seulement 1,15 % de son PNB dans la santé en 2020, ce qui représente un des plus faibles budgets national pour la santé/hab.
  • En 2019, ce budget était encore plus faible : 71,1 milliards de dollars. Pourtant, en 2016, l’Inde a acheté 36 avions Rafale à la France ; un contrat d’une valeur de 8,7 milliards de dollars.
  • La France ne devrait-elle pas s’assurer que tous les habitants d’un pays soient capables de jouir de leurs droits les plus basiques, de la dignité humaine, de l’accès à la nourriture, aux soins, à l’éducation avant de vendre des armes à ce pays ? La vente d’armes encourage la hausse de la violence et favorise la mise en danger des individus.

 

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