Activités

 Au cours de cette année passée, Stop Fuelling War a connu une année de consolidation et de renforcement de ce qui était déjà établi. Grâce à notre jeune taille, le travail a été édifiant, parfois éreintant mais toujours stimulant !

Nos activités ont porté sur la révision des processus internes, la mise à jour de nos plans stratégiques, la création de réseaux avec d'autres militants pour la paix, la prise en charge des procédures administratives complexes du droit du travail français et la collecte de fonds. Les principaux événements de l'année ont constitué en notre présence au Kirchentag de Church and Peace ; en notre participation à la manifestation organisée par Roots of Resistance au Royaume-Uni contre le salon de l'armement DSEI ; en notre participation aux événements organisés par les réseaux de paix établis ainsi qu'en l'accueil de notre première employée française basée à Paris. Tout ceci a été rendu possible grâce à la générosité du Joseph Rowntree Trust.

Dans le cadre de nos recherches actuelles sur le commerce des armes en France, nous avons assisté au salon du Bourget avec son importante composante militaire, ainsi qu'à Millipol, le salon de la sécurité intérieure. Nous élaborons nos stratégies futures sur la meilleure manière d'informer le public des activités menées en son nom et en grande partie à son insu. Nous avons visité le Forum de Paris sur la paix, mais nous avons décidé de repousser, au moins pour le moment, la remise en question de l'absurdité d'organiser un événement aussi modeste dans la villen qui accueille également le plus grand (et le moins connu) salon de l'armement terrestre et aérien du monde.

Comme les années précédentes, nous avons essayé de surmonter les problèmes de fonctionnement d'une organisation ayant un comité de direction basé dans cinq pays européens. Bien que nous ayons déjà mis en place de fréquentes réunions à distance, il nous semble essentiel de les compléter par des réunions en face-à-face, qui sont indispensables. L'année dernière, nous nous sommes réunis à Berlin, Bruxelles et Paris où nous avons rédigé ensemble notre stratégie et notre document de planification quinquennaux. Cette année, nous avons été rejoints par un nouveau membre français, Segolène Chassain, ingénieure et photographe, qui s'intéresse tout particulièrement au changement climatique.

Le site web a été réorganisé et la conformité à la confidentialité des données a été mise à jour. Bien que cela puisse sembler être une réussite modeste, notre travail est rendu plus compliqué par la nécessité d'effectuer des modifications en trois langues ! Notre gestion financière se solidifie grâce à notre nouvelle trésorière, Judy Kashoff, ainsi qu'aux services d'un cabinet d'expertise comptable, Extensia.

Réseautage

A l'invitation de Church and Peace, nous avons organisé une table ronde en juin à Dortmund, en Allemagne, dans le cadre du Kirchentag, sur le thème "Comment mettre en lumière le commerce des armes". Holly Spencer et Christopher Hatton de SFW ont présidé la session avec comme intervenantes Olivia Caymaex du QCEA (Conseil quaker pour les affaires européennes), le Dr Anthea Bethge, directrice d'Eirene (Service chrétien international pour la paix) et Wendela de Vries, co-fondatrice et coordinatrice de Stop Wapenhandel (Pays-Bas) et de l'ENAAT (Réseau européen contre le commerce des armes). Une séance de questions-réponses animée a réuni environ 250 personnes avec traduction simultanée en allemand.

Beaucoup d'efforts ont été consacrés à la création de l'exposition "Eurosatory et l'impact du commerce des armes" et à la recherche de lieux pour cette exposition. En plus du travail de réseautage avec les groupes de paix existants, nous voulons atteindre le grand public, dont la majorité ne connaît pas la position de la France en tant que troisième exportateur d'armes au monde.

Au cours de l'année, nous avons établi des liens plus étroits avec l'ENAAT (Réseau européen contre le commerce des armes), qui fournit des ressources inestimables, des possibilités de discussion et des événements de plaidoyer, en particulier avec le Parlement européen, sur les questions de défense.

De même, devenir membre associé de Church and Peace a permis d'élargir notre réseau. Nous espérons travailler en étroite collaboration avec eux lors de futurs événements. Nous ne saurions trop insister sur la nécessité d'une coopération accrue entre les groupes de paix et cette politique sera la pierre angulaire de notre action. Cette approche nous a amené à planifier une conférence et des événements connexes avec un groupe multiconfessionnel de Paris, qui devraient avoir lieu pendant Eurosatory 2020. Bien que le salon de l'armement ait été annulé, nous continuerons à travailler avec nos collègues à l'avenir. Ailleurs, nous avons essayé de faire connaître SFW et avons fait des présentations à Bruxelles, Budapest et Paris, avec une présence à la réunion de "World Beyond War" à Limerick, en Irlande.

En septembre, des membres de SFW se sont rendus à Londres pour manifester contre le salon de l'armement DSEI. Nous avons appris comment cette journée d'action multiconfessionnelle pouvait inspirer, engager et mobiliser de nouveaux militants et comment la CAAT (Campaign Against the Arms Trade) a travaillé sans relâche pour contester le salon de l'armement britannique. Nous avons mis à jour et publié nos 8 mythes sur le commerce des armes dans une brochure que nous avons distribuée notamment lors de cet événement. Nous avons imprimé et distribué des centaines de dépliants pour encourager les participants de la DSEI à en savoir plus sur Eurosatory, qui se tient tous les deux ans. Bien que le premier soit effectivement énorme, peu de gens se rendent compte qu'il est éclipsé par Eurosatory, qui accueille près de 50 % d'entreprises d'armement en plus et attire des dizaines de milliers de visiteurs supplémentaires à Paris. 

Employés et ressources

Nous avons eu la chance de recevoir une subvention de trois ans du Joseph Rowntree Trust, qui nous a permis d'engager notre première employée française. Cela nous a permis de renforcer nos relations avec d'autres groupes français pour la paix, notamment l'ASER (Action Sécurité Ethique Républicaines), L'Observatoire des Armemements, l'ACAT (L'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) et Amnesty International France. Nous avons également continué à recevoir des financements de donateurs privés.

Une grande partie de l'année a été consacrée à gérer la complexité du recrutement en France. Nous avons ressenti avec acuité l'absence d'un secrétaire de SFW qui aurait compris les implications d'une législation française du travail très compliquée. Par exemple, les contrats à durée déterminée ne sont autorisés que pour remplacer le personnel en congé ou pour des événements spécifiques. Pour de petites organisations comme SFW, des règles aussi rigides se sont avérées très difficiles à appliquer et piégeuses pour les imprudents (et les ignorants !). Aussi, pour assurer le respect du système français de l'emploi et de son droit du travail, nous avons dû consulter un avocat spécialisé !

Nous avons rénové notre bureau commun au 114 rue de Vaugirard, à Paris, et louons désormais un espace de bureau à temps partiel avec Non-Violence XXI, qui abrite plusieurs ONG à Montreuil, en banlieue parisienne.

Pour nous, il est essentiel d'avoir du personnel français basé à Paris pour poursuivre un travail vital de réseautage avec d'autres organisations françaises. Nous sommes donc très heureux d'avoir trouvé la bonne personne : Naïma Soudani, qui travaillait auparavant pour Amnesty International, a commencé en novembre avec un contrat à durée déterminée de 4 jours par semaine. Elle s'est très bien adaptée au fait de travailler dans deux langues différentes, ainsi qu'à l'organisation d'événements en ligne et en présentiel. Holly Spencer continue à travailler comme contractuelle 6 jours par mois.

Toutes nos réussites durement gagnées n'auraient pas été possibles sans le dévouement d'un petit nombre de bénévoles, de nos consultants et de notre personnel dévoués, de généreux donateurs privés et, bien sûr, de VOUS, nos membres individuels indispensables.

Projets pour 2020

Si nous avons été heureux de constater qu'Eurosatory ne se tiendrait pas cette année, son annulation soudaine a rendu superflu tous les efforts consacrés à l'organisation d'événements connexes. En conséquence, nous nous concentrons à présent sur des activités et actions en ligne, notamment en travaillant avec les établissements d'enseignement supérieur ; pour l'instant, nous nous associons avec les universités de la Sorbonne sur un projet de publication sur le sujet du commerce des armes et nous observons un autre projet avec notre partenaire ASER a l’université de Nanterre. Nous espérons élargir l'éventail de nos soutiens afin d'inclure une forte base d'étudiants français.

En outre, nous développons les ressources que nous proposons au public, notamment un atelier sur le climat et sur le commerce des armes/le complexe industriel militaire, que nous prévoyons de mettre à disposition sous forme de webinaire et d'ateliers en présentiel. La page de ressources de notre site Internet sera considérablement augmentée et élargie. Nous y archiverons la couverture médiatique croissante du commerce des armes et de ses implications.

Nous venons d'embaucher deux nouvelles employées à court terme pour nous aider dans notre travail de sensibilisation en ligne. De plus, Naïma a décidé de travailler à plein temps. Nous allons expérimenter des podcasts et des vidéos pour atteindre un public nouveau et plus large.

À plus long terme, nous prévoyons de nous tourner vers le plaidoyer : notre objectif est d'aider à repenser ce qu'impliquerait une véritable sécurité nationale et internationale dans le but de remettre en question et de réduire le pouvoir actuel du commerce des armes, qui est omniprésent, caché et irresponsable.

Nous avons beaucoup parlé de la nécessité de développer notre réseau et de coopérer avec d'autres personnes travaillant dans le domaine de la paix. En 2020, nous consacrerons de l'énergie et des ressources à étendre et consolider nos liens avec la paix et avec la communauté qui nous soutient.