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Hier (mercredi 13 juin) des démonstrations dynamiques menées par la Préfecture de Police de Paris ont eu lieu au salon d’armement Eurosatory. Il est programmé un scénario d’intervention antiterroriste et les invités sont les chefs de police des grandes capitales. Il y aura aussi des démonstrations de la part du GIGN (Group d’intervention de la Gendarmerie nationale) et des BRI (Brigades de recherche et d’intervention).

ZAD blockade
Les bouleversements géopolitiques signifient que la guerre n’est plus quelque chose que se joue sur des champs de bataille lointains. Une approche militarisée face aux menaces à la sécurité est de plus en plus répandue dans les rues de nos villes et villages. Les lignes que divisent la police de l’armée ne sont plus aussi claires qu’elles l’étaient autrefois.

Parmi les exemples récents de la militarisation du maintien de l’ordre en France, citons l’état d’urgence qui a duré de novembre 2015 jusqu’à novembre 2017 et l’expulsion des habitants de la ZAD (Zone à défendre) à Notre-Dame-des-Landes qui a débuté en avril de cette année.

Mais on n’identifie pas cette tendance seulement en France mais aussi à travers le monde. Les populations sont de plus en plus traitées comme des menaces à la sécurité au lieu de mériter une protection et les frontières sont renforcées contre les personnes dépossédées. 

L’industrie d’armement a été, comme toujours, rapide à capitaliser sur ce développement et Eurosatory ne fait pas exception. À Eurosatory, l’accent est passé de la défense terrestre et aéroterrestre à la sécurité intérieure et civile. En 2016, un tiers de la surface d’exposition a été dédiée à la sécurité intérieure ; soit 300 sociétés.

Eurosatory s’enorgueillit que « on constate en parcourant ses allées la montée en puissance, forte et rapide, des exposants relevant du domaine de la sécurité. Aux côtés du gris et du kaki, le bleu et le noir des services de police et de Gendarmerie… viennent enrichir la palette des couleurs habituelles. » Ilsn’essaie pas de cacher non plus comment l’instabilité a engendré ces nouvelles opportunités : « il trouve toutefois… un nouvel élan, au rythme de plus en plus soutenu des attentats et des attaques du grand banditisme qui secouent le monde. » En 2016, ils ont vanté comment « les attentats de Paris… ont eu un impact direct et profond sur les investissements en équipements de sécurité. »

L’équipement policière militarisé en vente va de mini-drones pouvant fonctionner en intérieure et des fusils d’assaut au Titus 6x6 de Nexter Systems « repeint en noir et exposé sur le stand du ministère de l’Intérieur » et un 4x4 Sherpa blindé RTD aux couleurs du GIGN et porteur d’une échelle d’assaut. » Des sociétés d’armement telles Chemring, qui a produit les grenades à gaz utilisés par les forces de sécurité égyptiennes contre les manifestants prodémocratie en 2011 y qui cible désormais les marchés porteurs au Moyen-Orient », y seront présentes. À ses côtés la société française Thales, le 10e plus grand producteur d’armes au monde et dont l’État français est en partie actionnaire, qui a dépensé plus d’un million d’euro sur le lobbying de l’UE pour qu’elle militarise ses frontières.1

Mais des événements comme Eurosatory vont au-delà de la simple vente d’équipement policière militarisé. Ils représentent un moyen clé d’exporter la mentalité policière militarisée dans le monde entier alors que les think tanks livrent des séminaires qui montrent qu’une réponse militarisée est la seule réponse disponible face aux menaces à la sécurité et que les fabricants d’armes utilisent leurs énormes budgets de marketing pour persuader les forces de police qu’elles ont besoin de porter les mêmes armes autrefois réservées aux armées.

Une riposte militarisée ne va jamais vaincre le terrorisme : il faut s’adresser à ses causes. La manière conflictuelle et raciste dans laquelle on mène la dit « guerre contre le terrorisme » fait le jeu de ceux qui veulent nous diviser et nous dresser les uns contre les autres.

Nous contestons la notion que notre sécurité se trouve dans la militarisation. En résistant à Eurosatory, nous résistons non seulement à la guerre mais à la militarisation de nos sociétés.

Ecrit par Sarah Robinson

Eurosatory Daily 2016, https://www.scribd.com/document/319835073/Eurosatory-D4-v01

Rapport de présidente 2018

Ce fut une année de consolidation et d'avancement positif. Nous investissons pour le présent et pour l'avenir et nous croyons que notre approche apportera ses fruits.

Nous sommes guidés par notre témoin de paix Quaker, et il nous semble que le commerce des armes est perçu positivement et que le public n'est pas au courant d'Eurosatory. C'est donc notre message cette année de faire connaître Eurosatory, le fait qu'il se déroule à Paris lui confère légitimité et prestige et dans nos coeurs nous savons que ce n'est pas acceptable.

En mars de l'année dernière, nous avons créé une association 1901 et c'est notre premier AG. Depuis lors, la bureaucratie a été mise au défi, notamment en raison des retards dans le 6ème arrondissement. Nous avons amassé des fonds qui nous ont permis d'employer Holly à temps partiel depuis janvier et nous avons récemment avec nous une journaliste Anne-Sophie, pour nous faire connaître dans les médias. Avoir quelqu'un basé à Paris fait toute la différence pour notre efficacité et notre réseau.

STOP FUELLING WAR
Siège social : Centre Quaker International
114 rue de Vaugirard
75006 Paris
Association loi de 1901 No. W751238358

stopfuellingwar@gmail.com

Where Eurosatory happens

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